{"id":13131,"date":"2015-02-16T12:10:19","date_gmt":"2015-02-16T11:10:19","guid":{"rendered":"http:\/\/pn86.noblogs.org\/?p=13131"},"modified":"2015-02-25T12:02:05","modified_gmt":"2015-02-25T11:02:05","slug":"aux-avant-postes-du-decentrage-de-la-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/?p=13131","title":{"rendered":"Aux avant-postes du d\u00e9centrage de la critique"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/Logo-EELJv2.cleaned.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-13134 size-medium\" src=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/Logo-EELJv2.cleaned.jpg\" alt=\"Logo EELJv2.cleaned\" width=\"170\" srcset=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/Logo-EELJv2.cleaned.jpg 1376w, https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/Logo-EELJv2.cleaned-300x160.jpg 300w, https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/Logo-EELJv2.cleaned-1024x547.jpg 1024w, https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/Logo-EELJv2.cleaned-624x333.jpg 624w\" sizes=\"(max-width: 1376px) 100vw, 1376px\" \/><\/a>Le d\u00e9voiement du langage est une entreprise consciente, une entreprise de maintien de l\u2019ordre. Les mots font penser aux champignons. Certains sont v\u00e9n\u00e9neux. Il en suffit de quelques-uns, voire d\u2019un seul, pour empoisonner un discours tout aussi s\u00fbrement qu\u2019un champignon rend le contenu du panier impropre \u00e0 la consommation.<\/p>\n<p>Prenons un exemple. Vous lisez la phrase suivante : \u00ab\u00a0[L\u2019id\u00e9e est de] faire en macro\u00e9conomie ce que fait n\u2019importe quelle entreprise : tenir compte de l\u2019\u00e9tat de son capital.\u00a0\u00bb[1] On pourra naturellement nous reprocher de l\u2019avoir retir\u00e9e de son contexte. Mais tout de m\u00eame, ces mots, \u00ab\u00a0macro\u00e9conomie\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0entreprise\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0capital\u00a0\u00bb, les emploierait-on ainsi, m\u00eame dans un sens m\u00e9taphorique pour les deux derniers, si l\u2019on avait l\u2019intention de formuler des objections contre la macro\u00e9conomie, l\u2019entreprise, le capital ? Et si l\u2019on s\u2019\u00e9tait donn\u00e9 pour but de critiquer la soci\u00e9t\u00e9 marchande, aurait-on os\u00e9 jeter les bases d\u2019un aussi noble projet que \u00ab\u00a0de redonner \u00e0 l\u2019argent sa valeur d\u2019\u00e9change\u00a0\u00bb[2] ? Mais tel n\u2019est manifestement pas l\u2019objectif de Marie-Monique Robin, la r\u00e9alisatrice du film documentaire <em>Sacr\u00e9e croissance<\/em>.[3] Et pourtant ! Ce film se pr\u00e9sente comme une exploration des alternatives d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 existantes au monde de la \u00ab\u00a0croissance\u00a0\u00bb, responsable des d\u00e9sastres \u00e9cologiques et climatiques pr\u00e9sents et futurs, \u00e0 travers l\u2019exemple de villes favorisant l\u2019agriculture urbaine, comme Toronto au Canada et Rosario en Argentine, ou mettant en place une monnaie locale, comme Fortleza au Br\u00e9sil, ou encore de l\u2019\u00eele danoise de Sams\u00f8 qui produit elle-m\u00eame son \u00e9nergie. La liste n\u2019est pas exhaustive. Dans le cas des \u00ab\u00a0villes en transition\u00a0\u00bb (Toronto et Rosario), expression labellis\u00e9e, nous apprenons que les agriculteurs urbains biologiques sont soutenus par les municipalit\u00e9s, l\u2019une de droite, l\u2019autre de gauche[4], comme quoi la reprise en main par la collectivit\u00e9 de cette activit\u00e9 a des limites, et qu\u2019il faut bien en passer par les hommes et femmes politiques de bonne volont\u00e9, quelles que soient les options id\u00e9ologiques mises en avant. Et comme le dit cet ancien trader reconverti dans l\u2019agriculture \u00e0 Toronto: \u00ab\u00a0Mais pour cr\u00e9er un changement syst\u00e9mique, il faut que les politiques soient l\u00e0.\u00a0\u00bb[5] Ce que la r\u00e9alisatrice du film corrobore de toutes ses forces : \u00ab\u00a0Les politiques les plus \u00e0 m\u00eame de mener la transition, ce sont les locaux.\u00a0\u00bb[6] Mais les politiques nationaux, c\u2019est bien aussi. \u00c0 la question du journaliste \u00ab\u00a0Peut-on se passer des gouvernements nationaux ?\u00a0\u00bb, Marie-Monique Robin r\u00e9pond avec conviction et assurance : \u00ab\u00a0Non. On a besoin de leaders politiques \u00e9clair\u00e9s et courageux, et \u00e7a, c\u2019est difficile \u00e0 trouver.\u00a0\u00bb[7] Et de fait, \u00e0 Rosario, la mise en place de l\u2019agriculture urbaine est une initiative venue des pouvoirs en place. C\u2019est \u00ab\u00a0un ing\u00e9nieur agronome passionn\u00e9 d\u2019agro-\u00e9cologie [&#8230;] qui a convaincu la municipalit\u00e9 de soutenir l\u2019agriculture urbaine comme un moyen de lutte contre l\u2019exclusion sociale.\u00a0\u00bb Le cas de Rosario est une illustration du constat que nous avons d\u00e9j\u00e0 fait dans un article paru dans le num\u00e9ro 18 de <em>N\u00e9gatif<\/em>[8], \u00e0 savoir qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 de la mise en place d\u2019un mode de \u00ab\u00a0gestion\u00a0\u00bb des pauvres, en l\u2019occurrence des victimes de la crise de 2001 en Argentine, auxquels on pr\u00e9f\u00e8re abandonner quelques terrains qui leur permettent d\u2019assurer leur subsistance plut\u00f4t que de les voir emprunter le chemin de la r\u00e9volte et d\u2019une autonomie v\u00e9ritable. C\u2019est d\u2019ailleurs la municipalit\u00e9 qui fournit les moyens logistiques pour l\u2019acheminement des marchandises vers les march\u00e9s. Et, comme la r\u00e9alisatrice, passons rapidement sur le fait qu\u2019\u00e0 Rosario un des terrains g\u00e9n\u00e9reusement accord\u00e9s par la municipalit\u00e9 consiste en une ancienne d\u00e9charge publique, puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9contamin\u00e9 et qu\u2019y poussent d\u00e9sormais des l\u00e9gumes \u00ab\u00a0bio\u00a0\u00bb! Ce n\u2019est pas le degr\u00e9 de sinc\u00e9rit\u00e9 des protagonistes qui est en cause. \u00ab\u00a0Je crois qu\u2019ici c\u2019est la base d\u2019une alternative pour changer le monde\u00a0\u00bb, d\u00e9clare une mara\u00eech\u00e8re. C\u2019est l\u2019illusion dont ils sont victimes. Qu\u2019ils viennent de Rosario, Toronto, du Danemark ou d\u2019ailleurs, tous ont pour motivation la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique. Ils s\u2019en prennent \u00e0 la croissance irraisonn\u00e9e, mais ne remettent jamais en cause de mani\u00e8re radicale la soci\u00e9t\u00e9 marchande. Ainsi cet agriculteur de la petite \u00eele danoise de Sams\u00f8 qui produit sa propre \u00e9lectricit\u00e9 au moyen de panneaux solaires et d\u2019une \u00e9olienne, qui ne cache pas que son investissement de plus d\u2019un million d\u2019euros a \u00e9t\u00e9 une bonne affaire et lui rapporte d\u00e9sormais plus que les vaches. Mais alors, de quoi parle-t-on exactement ? Ce que Marie-Monique Robin parvient \u00e0 nous faire comprendre, c\u2019est qu\u2019on peut fort bien continuer \u00e0 faire des affaires, \u00eatre d\u00e9pourvu de toute ambition politique et sociale, et agir pour la pr\u00e9servation du climat et de l\u2019environnement. On voit bien qu\u2019un tel discours s\u2019adresse d\u2019abord aux \u00ab\u00a0d\u00e9cideurs\u00a0\u00bb, qui n\u2019auraient pas \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter, et vise \u00e0 les convaincre qu\u2019une autre \u00e9conomie, plus verte, est possible.[9] Et ce n\u2019est \u00e9videmment pas la cr\u00e9ation d\u2019une monnaie locale et d\u2019une banque \u00ab\u00a0communautaire\u00a0\u00bb, comme \u00e0 Fortaleza, initiative d\u00e9sormais reconnue, accept\u00e9e et r\u00e9compens\u00e9e tant au niveau national qu\u2019international, qui doit leur causer des tracas suppl\u00e9mentaires. Il s\u2019adresse \u00e9galement \u00e0 nous tous, afin de nous persuader qu\u2019il ne tient qu\u2019\u00e0 nous de nous lancer dans l\u2019extraordinaire aventure du maintien du monde de la domination, du monde de la s\u00e9paration entre ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir et ceux qui lui serviront de petites mains heureuses en uniforme vert. De surcro\u00eet, des emplois miroitent \u00e0 l\u2019horizon ! Le mot magique est l\u00e2ch\u00e9 ! Tournons tous nos yeux brillants et remplis d\u2019espoir dans la m\u00eame direction.<\/p>\n<p>Le film <em>Sacr\u00e9e croissance<\/em>, que nous \u00e9voquons aujourd\u2019hui beaucoup plus en tant que sympt\u00f4me que pour son importance intrins\u00e8que, a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision sur la cha\u00eene Arte le 4 d\u00e9cembre 2014. Il avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une promotion \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019interview de la r\u00e9alisatrice dans le quotidien <em>Lib\u00e9ration<\/em> la veille. Cette m\u00eame r\u00e9alisatrice a \u00e9t\u00e9 ensuite, pendant une heure, l\u2019invit\u00e9e d\u2019une \u00e9mission radiodiffus\u00e9e.[10] C\u2019est beaucoup de temps, beaucoup d\u2019honneur. C\u2019est aussi un signe qui ne trompe pas. Ce sont les m\u00e9dias qui d\u00e9cident de ce qui est digne ou non d\u2019\u00eatre port\u00e9 \u00e0 la connaissance d\u2019un large public parce que sans v\u00e9ritable port\u00e9e critique. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant que se trouvent aujourd\u2019hui mises en avant une pseudo-critique et des pratiques encadr\u00e9es par les institutions, dig\u00e9rables par le march\u00e9 et qui plus est susceptibles de lui redonner de l\u2019allant. On ne peut m\u00eame pas dire qu\u2019il s\u2019agisse de r\u00e9cup\u00e9ration, comme ce fut le cas dans les ann\u00e9es soixante-dix o\u00f9 les classes dominantes durent courir, pendant quelque temps, derri\u00e8re les id\u00e9es r\u00e9volutionnaires surgies en 1968. Cette pseudo-critique a pour effet de d\u00e9centrer, de d\u00e9tourner de mani\u00e8re pr\u00e9ventive la critique efficace du monde existant, la critique qui vise l\u2019essentiel et donc le tout. On met sur le march\u00e9 une id\u00e9ologie et son cort\u00e8ge de pratiques int\u00e9gratrices n\u2019ayant d\u2019autre objectif que de garder dans les limites de la pens\u00e9e dominante ceux qui pourraient un jour \u00eatre tent\u00e9s par une remise en cause globale du monde marchand. C\u2019est ainsi que la sauvegarde de ce dernier, comme dans un clip publicitaire o\u00f9 la plus banale, la plus frelat\u00e9e des marchandises nous est pr\u00e9sent\u00e9e comme le s\u00e9same qui va transformer et embellir nos vies, est vant\u00e9e comme la plus belle des aventures. La seule possible et souhaitable. Nos sorciers en ing\u00e9nierie sociale s\u2019appuient, afin que cela fonctionne, sur l\u2019aspiration bien r\u00e9elle des individus \u00e0 mener une vie \u00e9panouie au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui la favorise, une soci\u00e9t\u00e9 dont ils se sentent les \u00e9l\u00e9ments moteurs et non les rouages, sur une aspiration \u00e0 la bonne vie. Mais la premi\u00e8re pierre d\u2019un monde nouveau que les protagonistes qui apparaissent dans <em>Sacr\u00e9e croissance<\/em> pensent avoir pos\u00e9e est plut\u00f4t celle du mur invisible qui s\u00e9parera &#8211; qui s\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 &#8211; ceux dont n\u2019a plus besoin le turbo-capitalisme des heureux \u00e9lus.<\/p>\n<p><em>Le spectacle est le discours ininterrompu que l\u2019ordre pr\u00e9sent tient sur lui-m\u00eame, son monologue \u00e9logieux. C\u2019est l\u2019auto-portrait du pouvoir \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa gestion totalitaire des conditions d\u2019existence.<\/em>[11] Ce que tend \u00e0 faire accroire le film <em>Sacr\u00e9e croissance<\/em>, c\u2019est que le monde de la domination porte en lui, comme son propre enfant, une possibilit\u00e9 d\u2019auto-transformation que la ma\u00efeutique de la r\u00e9alisatrice contribuerait \u00e0 faire na\u00eetre. Il serait lui-m\u00eame sa propre alternative. \u00c0 l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, dont la logique n\u2019est pas n\u00e9gociable puisque tout au long du film quelques-uns des termes cl\u00e9 reviennent comme un refrain (nouvelle \u00e9conomie, argent, emploi, etc.), pourrait se substituer&#8230; une \u00e9conomie verte de march\u00e9. La n\u00e9cessit\u00e9 de sauvegarder la plan\u00e8te, qui est bien r\u00e9elle et urgente, devient une menace que l\u2019on fait planer sur nous tous et de fait l\u2019instrument d\u2019une mue du capital \u00e0 la reproduction duquel nous devrions continuer \u00e0 consacrer nos vies. Une fois de plus on nous enjoint \u00e0 tout changer pour que rien ne change.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong><em>Extrait de<\/em> <a href=\"https:\/\/juralib.noblogs.org\/2015\/01\/27\/negatif-bulletin-irregulier\/\" target=\"_blank\">N\u00e9gatif<em> n\u00b020, f\u00e9vrier 2015<\/em><\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><br \/>\n[1] Interview de Marie-Monique Robin, \u00e0 propos de son film documentaire <em>Sacr\u00e9e croissance<\/em>, dans le quotidien <em>Lib\u00e9ration<\/em>, du lundi 3 novembre 2014.<br \/>\n[2] Ibid.<br \/>\n[3] Diffus\u00e9 sur la chaine de t\u00e9l\u00e9vision Arte, le mardi 4 novembre 2014.<br \/>\n[4] <em>Lib\u00e9ration<\/em>, op. cit.<br \/>\n[5] Extrait du film <em>Sacr\u00e9e croissance<\/em>, de Marie-Monique Robin.<br \/>\n[6] <em>Lib\u00e9ration<\/em>, op. cit.<br \/>\n[7] Ibid.<br \/>\n[8] \u00ab\u00a0Des ponts vers le possible\u00a0\u00bb, <em>N\u00e9gatif<\/em> n\u00b018, mai 2013, p 5.<br \/>\n[9] Cf. l\u2019article \u00ab\u00a0Qu\u2019elle est verte ma monnaie\u00a0\u00bb, <em>N\u00e9gatif<\/em> n\u00b012, d\u00e9cembre 2009.<br \/>\n[10] \u00ab\u00a0L\u2019Humeur vagabonde\u00a0\u00bb, France Inter, 15 d\u00e9cembre 2015 \u00e0 vingt heures.<br \/>\n[11] Guy Debord, La Soci\u00e9t\u00e9 du spectacle, 1971, Champ libre, p 16. Sur le caract\u00e8re toujours plus totalitaire de la soci\u00e9t\u00e9 marchande, cf. \u00ab\u00a0Dans la cage d\u2019un \u00e9ternel pr\u00e9sent ?\u00a0\u00bb, <em>N\u00e9gatif<\/em> n\u00b016, mai 2012.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9voiement du langage est une entreprise consciente, une entreprise de maintien de l\u2019ordre. Les mots font penser aux champignons. Certains sont v\u00e9n\u00e9neux. Il en suffit de quelques-uns, voire d\u2019un seul, pour empoisonner un discours tout aussi s\u00fbrement qu\u2019un champignon &hellip; <a href=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/?p=13131\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2691,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,32,40,33,41],"tags":[],"class_list":["post-13131","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contre-le-nucleaire-et-son-monde","category-desinformation-bourgeoise","category-ecologie","category-propagande-marchande","category-zad-partout"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2691"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13131"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13131\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13188,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13131\/revisions\/13188"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}