{"id":13158,"date":"2015-02-25T03:24:35","date_gmt":"2015-02-25T02:24:35","guid":{"rendered":"http:\/\/pn86.noblogs.org\/?page_id=13158"},"modified":"2015-02-25T05:21:02","modified_gmt":"2015-02-25T04:21:02","slug":"numero-3-022015","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/?page_id=13158","title":{"rendered":"Num\u00e9ro 3 &#8211; 02\/2015"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/PN3.cleaned.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-13042 size-large\" src=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/couv-3.jpg\" alt=\"couv-3\" width=\"625\" height=\"885\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/PN3.cleaned.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12971\" src=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2014\/12\/pdf.png\" alt=\"pdf\" width=\"48\" height=\"48\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2015\/02\/PN3.cleaned.pdf\">PN3.cleaned.pdf<\/a><a href=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/files\/2014\/12\/pdf.png\"><br \/>\n<\/a><a target=\"_self\" name=\"sommaire\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Sommaire :<\/strong><br \/>\n<a href=\"#repression\" target=\"_self\">Bas les pattes sur Jean-Fran\u00e7ois !<\/a> (page 1)<br \/>\n<a href=\"#macron\" target=\"_self\">Nouvelles attaques sur le droit du travail<\/a> (page 1 &amp; 2)<br \/>\n<a href=\"#LGV\" target=\"_self\">Un triste rassemblement contre la LGV Poitiers-Limoges<\/a> (page 2 &amp; 3)<br \/>\n<a href=\"#con\" target=\"_self\">Dr. Squatt vous raconte&#8230; Le Con<\/a> (page 3)<br \/>\n<a href=\"#syriza\" target=\"_self\">Sur la victoire de Syriza en Gr\u00e8ce<\/a> (page 4 &amp; 5)<br \/>\n<a href=\"#breves\" target=\"_self\">Quelques nouvelles en bref<\/a> (page 4)<br \/>\n<a href=\"#grog\" target=\"_self\">Les rimes de Grog<\/a> (page 5)<br \/>\n<a href=\"#greenwashing\" target=\"_self\">Du capitalisme, oui, mais bien vert&#8230;<\/a> (page 6)<br \/>\n<a href=\"#vivonne\" target=\"_self\">Liste de revendications des prisonni\u00e8res de la Maison d&rsquo;Arr\u00eat du Centre P\u00e9nitentiaire de Poitiers-Vivonne<\/a> (page 6)<br \/>\n<a href=\"#agenda\" target=\"_self\">Agenda poitevin<\/a> (page 6)<\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"repression\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Bas les pattes sur Jean-Fran\u00e7ois !<\/strong><\/p>\n<p><em>Tandis que les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s et haut\u00b7e\u00b7s fonctionnaires de la r\u00e9gion Poitou-Charentes communient pour les \u201cvaleurs de la R\u00e9publique\u201d, l\u2019arsenal policier et judiciaire est renforc\u00e9, les militant\u00b7e\u00b7s des droits sociaux sont r\u00e9prim\u00e9\u00b7e\u00b7s. Minute de silence, silence des pantoufles ? Prendre du recul, refuser la r\u00e9cup\u00e9ration politique, prendre le temps du d\u00e9bat de fond indispensable pour comprendre et combattre la violence structurelle \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans notre soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est risquer la r\u00e9pression d\u2019\u00c9tat ! Notre camarade, Jean-Fran\u00e7ois, vient d\u2019en faire les frais.<\/em><\/p>\n<p>Les gouvernants nous disent que les \u201cvaleurs de la r\u00e9publique\u201d sont menac\u00e9es. Mais quelles valeurs, quelle r\u00e9publique, menac\u00e9es par quoi ? Parle-t-on des valeurs historiques de la r\u00e9publique sociale, \u00e0 savoir le f\u00e9d\u00e9ralisme, la d\u00e9mocratie directe, l\u2019\u00e9mancipation autonome des opprim\u00e9\u00b7e\u00b7s, l\u2019\u00e9ducation populaire, la socialisation des biens et des savoirs ? Parle-t-on des valeurs d\u00e9mocratiques des sections de sans-culottes de l\u2019est parisien, d\u00e9fendant le mandat imp\u00e9ratif contre la Convention ? Des valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale des ouvrier\u00b7e\u00b7s r\u00e9volt\u00e9\u00b7e\u00b7s de 1848 ? Des valeurs \u00e9mancipatrices des communard\u00b7e\u00b7s de 1871 ? Des valeurs des anti-colonialistes luttant contre l\u2019Empire fran\u00e7ais ? Non : ils et elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9\u00b7e\u00b7s, massacr\u00e9\u00b7e\u00b7s sans piti\u00e9 par la R\u00e9publique fran\u00e7aise. Parle-t-on des r\u00e9publicains espagnols, pour la plupart libertaires, qui lib\u00e9r\u00e8rent Paris en 1944 ? Non : la R\u00e9publique fran\u00e7aise les avait d\u2019abord enferm\u00e9s en camps de concentration, puis elle les a plong\u00e9s dans l\u2019oubli. Inutile de chercher dans les programmes scolaires de la R\u00e9publique fran\u00e7aise la m\u00e9moire de celles et ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 la conqu\u00eate de nos droits sociaux : ces anonymes ont toujours d\u00fb se battre contre l\u2019oppression de l\u2019\u00c9tat pour les obtenir.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, faut-il accepter l\u2019injonction \u00e0 nous rassembler autour des \u201cvaleurs\u201d de la r\u00e9publique bourgeoise, cette oxymorique \u201cd\u00e9mocratie repr\u00e9sentative\u201d, h\u00e9riti\u00e8re en droite ligne des Thiers et autres Ferry, assassins et bourreaux des r\u00e9voltes populaires, d\u00e9fenseurs inconditionnels de l\u2019exploitation capitaliste, du militarisme, de l\u2019imp\u00e9rialisme, du colonialisme, du patriarcat, de la r\u00e9pression polici\u00e8re et judiciaire des pauvres et des r\u00e9volt\u00e9\u00b7e\u00b7s ?<\/p>\n<p>Pour cette R\u00e9publique-l\u00e0, la libert\u00e9 r\u00e9elle des individus d\u00e9pend du porte-monnaie, et la \u201clibert\u00e9 d\u2019expression\u201d est \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable. Aujourd\u2019hui encore, nos libert\u00e9s s\u2019arr\u00eatent \u00e0 celle des riches de nous exploiter, \u00e0 celle des gouvernants de nous imposer des lois injustes que nous n\u2019avons pas choisies, \u00e0 celle des flics et des juges de nous r\u00e9primer quand nous luttons collectivement. \u201cL\u2019\u00e9galit\u00e9\u201d \u00e0 la sauce \u00e9tatiste est le cache-mis\u00e8re de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique et sociale, au fondement de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste.<\/p>\n<p>Jean-Fran\u00e7ois est professeur de philosophie au lyc\u00e9e Victor Hugo de Poitiers. Il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 poursuivi plusieurs fois par l\u2019\u00c9tat, dans le cadre de son soutien aux luttes sociales des plus d\u00e9muni\u00b7e\u00b7s, des sans-parole, des sans-le-sou, des sans-toit, des sans-papiers. Il a \u00e9t\u00e9 suspendu de ses fonctions par le Rectorat le 21 janvier dernier, pour quatre mois. Une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 diligent\u00e9e. Cette nouvelle r\u00e9pression ferait suite \u00e0 la plainte de parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves, dont le contenu ne lui a m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. On lui reprocherait son absence \u00e0 la minute de silence, suite aux \u00e9v\u00e9nements tragiques du d\u00e9but du mois, et m\u00eame une \u201capologie du terrorisme\u201d (sic !), accusation r\u00e9voltante de b\u00eatise malveillante et de mauvaise foi, quand on conna\u00eet un tant soit peu les positions de Jean-Fran\u00e7ois, qui a toujours affirm\u00e9 le primat du droit sur la force, son refus de la violence arm\u00e9e, et son refus des d\u00e9lires int\u00e9gristes de tous bords.<\/p>\n<p>Qu\u2019entend donc le Rectorat par cette hallucinante accusation d\u2019apologie du \u201cterrorisme\u201d ? Bien des juristes se sont cass\u00e9 les dents sur ce terme, mais tous conviennent que cette notion est vou\u00e9e \u00e0 disqualifier. La notion de \u201cterrorisme\u201d est pour le moins confuse dans le droit fran\u00e7ais, et a aussi bien servi \u00e0 l\u2019\u00c9tat pour condamner les ex\u00e9cutions sommaires perp\u00e9tr\u00e9es d\u00e9but janvier par des fanatiques religieux, que pour r\u00e9primer des luttes sociales. Rappelons-nous que l\u2019ensemble des r\u00e9sistant\u00b7e\u00b7s au nazisme, avant d\u2019\u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9\u00b7e\u00b7s comme h\u00e9ros, \u00e9taient traqu\u00e9\u00b7e\u00b7s comme \u201cterroristes\u201d pour le r\u00e9gime de Vichy, n\u00e9 des pleins pouvoirs accord\u00e9s \u00e0 P\u00e9tain par les institutions de la troisi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Jean-Fran\u00e7ois serait donc sanctionn\u00e9 pour avoir contrevenu aux \u201cvaleurs de la R\u00e9publique\u201d ? Si oui lesquelles ? Celle de la libert\u00e9 ? L\u2019\u00c9tat intimide, censure et r\u00e9prime r\u00e9guli\u00e8rement les militant\u00b7e\u00b7s des droits sociaux, bafouant parfois ses propres lois. Ces derniers jours, il profite cyniquement de l\u2019\u00e9motion l\u00e9gitime pour fourbir son arsenal judiciaire s\u00e9curitaire et r\u00e9pressif, et accro\u00eetre son emprise sur l\u2019espace social. Jean-Fran\u00e7ois, lui, depuis des ann\u00e9es, participe \u00e0 la vie sociale de son quartier, organise des caf\u00e9s-philo, \u00e9veille ses \u00e9l\u00e8ves au d\u00e9bat philosophique, soutient les libert\u00e9s de tou\u00b7te\u00b7s, y compris celles et ceux que l\u2019\u00c9tat prive de libert\u00e9 !<\/p>\n<p>Parle-t-on des valeurs du \u201cvivre-ensemble\u201d, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 et de la fraternit\u00e9 ? Quand l\u2019\u00c9tat stigmatise, opprime les pauvres et les militants, expulse des campements roms, traque, enferme et expulse, Jean-Fran\u00e7ois lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9, notamment \u00e0 travers le droit au logement ou le soutien aux migrant\u00b7e\u00b7s., n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 d\u00e9noncer l\u2019hypocrisie des gestionnaires de la mis\u00e8re. Jean-Fran\u00e7ois, contrairement \u00e0 ce qu\u2019affirme la presse, ne milite pas \u00e0 \u201cl\u2019extr\u00eame-gauche\u201d : il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 encart\u00e9, il n\u2019a m\u00eame jamais voulu s\u2019enfermer id\u00e9ologiquement. Il a toujours refus\u00e9 que les int\u00e9r\u00eats et sectarismes des chapelles politiques prennent le pas sur la r\u00e9flexion et l\u2019action politiques collectives.<\/p>\n<p>L\u2019hypocrisie gouvernementale s\u2019appuie aujourd\u2019hui sur l\u2019\u00e9motion l\u00e9gitime caus\u00e9e par le massacre de 17 personnes, pour r\u00e9primer un peu plus une partie de la population\u2026 dont celles et ceux qui luttent pour la libert\u00e9, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la solidarit\u00e9 au quotidien. L\u2019\u00c9tat instrumentalise la mort d\u2019\u00eatres humains pour mettre la pression sur les pauvres, et mettre au pas des militant\u00b7e\u00b7s sinc\u00e8res. C\u2019est une r\u00e9cup\u00e9ration insupportable, r\u00e9pugnante, sordide.<\/p>\n<p>Nous exigeons le r\u00e9tablissement imm\u00e9diat de Jean-Fran\u00e7ois dans ses fonctions. Solidarit\u00e9 avec Jean-Fran\u00e7ois ! Nous nous tenons disponibles pour participer \u00e0 toute action collective.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><strong>Pavillon Noir, 25 janvier 2015<\/strong><\/em><\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"macron\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Nouvelles attaques sur le droit du travail<\/strong><\/p>\n<p>Le salariat c\u2019est quoi ? C\u2019est un mode d\u2019organisation des activit\u00e9s humaines r\u00e9pondant non aux besoins r\u00e9els, mais \u00e0 l\u2019accroissement du capital. Les salari\u00e9\u00b7e\u00b7s ne d\u00e9cident pas quoi produire, ni comment produire : \u00e7a ne leur appartient pas plus que leur force de travail mise \u00e0 disposition de l\u2019employeur. Le patron ne nous emploie pas pour \u201ccr\u00e9er des emplois\u201d mais pour pr\u00e9lever un profit sur le travail collectif. Deux si\u00e8cles de syst\u00e8me salarial \u00e0 grande \u00e9chelle, \u00e0 coups d\u2019expropriations et de r\u00e9pressions massives des pauvres par les \u00c9tats, nous ont rendu\u00b7e\u00b7s incapables de faire autrement que de nous vendre aux capitalistes pour subsister. L\u2019emploi n\u2019est pas un \u201ccontrat\u201d \u00e9quitable entre deux \u201cpartenaires sociaux\u201d : nous bossons pour survivre, hier comme aujourd\u2019hui. Nous sommes des prol\u00e9taires : non rentier\u00b7e\u00b7s, nous ne d\u00e9tenons pas les capitaux et les moyens de production.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins la classe prol\u00e9taire, en luttant contre son exploitation salariale, a obtenu la concession de droits par les patrons et l\u2019\u00c9tat. Cela s\u2019appelle le droit du travail. Il est loin d\u2019\u00eatre parfait, puisqu\u2019il codifie les conditions du salariat, institution abjecte en elle-m\u00eame. Mais il nous prot\u00e8ge, en partie. Il n\u2019est pas inscrit dans le marbre, et constamment remis en cause. Nous assistons actuellement, dans la suite des dizaines de milliards accord\u00e9s par le PS au patronat dans le cadre du \u201cpacte de comp\u00e9titivit\u00e9\u201d, \u00e0 une nouvelle vague d\u2019attaques graves contre ce droit du travail. Ces projets funestes pr\u00e9voient de d\u00e9grader sensiblement les conditions de travail et la r\u00e9mun\u00e9ration des salari\u00e9\u00b7e\u00b7s. Ce, au pr\u00e9texte que la comp\u00e9titivit\u00e9 susciterait l\u2019emploi, hypoth\u00e8se fumeuse largement d\u00e9mentie par les faits aussi bien que par la logique de r\u00e9duction structurelle de la masse salariale par le d\u00e9veloppement du capital.<\/p>\n<p><strong>\u201cModernisation du dialogue social\u201d<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e9dig\u00e9 par le MEDEF, ce projet a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par les syndicats \u00e0 l\u2019issue des discussions pr\u00e9alables s\u2019achevant le 23 janvier. Mais le gouvernement PS, tout f\u00e2ch\u00e9, a d\u00e9clar\u00e9 illico presto qu\u2019il prendrait le relais pour trancher. Prochaine r\u00e9union des \u201cpartenaires sociaux\u201d le 19 f\u00e9vrier\u2026 Le MEDEF et son alli\u00e9 \u201csocialiste\u201d ont pour projet de supprimer les comit\u00e9s d\u2019hygi\u00e8ne, de s\u00e9curit\u00e9 et des conditions de travail (CHSCT), n\u00e9s en 1992 (lois Auroux). Les CHSCT jouent un r\u00f4le important dans la protection de la sant\u00e9 des salari\u00e9\u00b7e\u00b7s. Ce contre-pouvoir, quoique imparfait, parvient jusque l\u00e0 \u00e0 bloquer des r\u00e9organisations manag\u00e9riales, des m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation nuisibles et des plans de licenciements. Il est donc devenu insupportable au patronat, qui propose que des \u201cconseils d\u2019entreprise\u201d remplacent les fonctions actuellement assum\u00e9es par les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du personnel, les comit\u00e9s d\u2019entreprise et les CHSCT. Or ces conseils d\u2019entreprise ne seraient obligatoires que dans les entreprises et \u00e9tablissements de plus de 300 salari\u00e9\u00b7e\u00b7s, privant de fait de droits le prol\u00e9tariat trimant dans des structures plus petites. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, non seulement les repr\u00e9sentant\u00b7e\u00b7s du personnel seraient bien moins nombreux\u00b7ses, mais le budget allou\u00e9 aux instances repr\u00e9sentatives serait aussi en nette baisse, privant nombre de salari\u00e9\u00b7e\u00b7s de la possibilit\u00e9 de recourir \u00e0 des expertises co\u00fbteuses mais indispensables pour se prot\u00e9ger des employeurs.<\/p>\n<p><strong>La fameuse \u201cloi Macron\u201d<\/strong><\/p>\n<p>Le 26 janvier s\u2019ouvrent les d\u00e9bats parlementaires visant \u00e0 avaliser les diverses propositions de la loi fourre-tout dite \u201cMacron\u201d, du nom d\u2019un millionnaire issu du monde de la finance, s\u00e9vissant actuellement comme ministre de l\u2019\u00e9conomie pour les \u201csocialistes\u201d au pouvoir. Dans ce bric-\u00e0-brac de la loi Macron, on trouve des dispositions pr\u00e9occupantes, qui concernent notamment :<\/p>\n<p>&#8211; <strong>le travail du dimanche et en \u201csoir\u00e9e\u201d :<\/strong> des d\u00e9rogations suppl\u00e9mentaires seraient accord\u00e9es au motif du \u201cpr\u00e9judice au public et \u00e0 l\u2019activit\u00e9\u201d, et dans les zones d\u00e9sign\u00e9es touristiques et commerciales. Les patrons pourraient nous faire taffer sans contrepartie financi\u00e8re le dimanche et la nuit, sur \u201caccord\u201d des employ\u00e9\u00b7e\u00b7s (comme si on avait le choix !). Dans les zones touristiques, le travail dit de nuit ne d\u00e9buterait plus \u00e0 21H mais \u00e0 minuit. L\u2019exception risque fort de devenir la r\u00e8gle, rognant les compensations salariales. Rappelons que nombre de gens bossent le dimanche et la nuit faute de pognon\u2026 notamment les femmes et les jeunes, trimant dans le commerce et les services.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>les prud\u2019hommes :<\/strong> les juges \u00e9lus, actuellement consid\u00e9r\u00e9\u00b7e\u00b7s comme trop favorables aux salari\u00e9\u00b7e\u00b7s, seraient r\u00e9duits au r\u00f4le d\u2019assesseurs de nouveaux juges professionnels, d\u00e9sign\u00e9s par l\u2019\u00c9tat via le Tribunal de Grande Instance. Nombre de litiges seraient d\u00e9sormais trait\u00e9s par des \u201cconventions\u201d de r\u00e8glement \u201c\u00e0 l\u2019amiable\u201d entre patrons et salari\u00e9\u00b7e\u00b7s, en dehors des prud\u2019hommes. Ainsi, c\u2019est le fondement m\u00eame du code du travail, \u00e0 savoir le rapport de subordination, in\u00e9gal par essence, entre le patron et son salari\u00e9, qui ne serait plus reconnu. Soit deux si\u00e8cles de retour en arri\u00e8re sur les acquis et les jurisprudences prot\u00e9geant les salari\u00e9\u00b7e\u00b7s.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>l\u2019inspection du travail :<\/strong> exit le pouvoir des juges, puisque la plupart des sanctions pr\u00e9vues par le code du travail seraient carr\u00e9ment d\u00e9p\u00e9nalis\u00e9es, et transform\u00e9es en simples amendes administratives. Les peines d\u2019emprisonnement condamnant les d\u00e9lits patronaux d\u2019entrave au droit syndical (comme la non-consultation des syndicats en cas de restructuration) seraient supprim\u00e9es.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>les licenciements \u00e9conomiques :<\/strong> proc\u00e9dures facilit\u00e9es et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es de d\u00e9graissage de prolos. Les grands groupes n\u2019auraient plus \u00e0 payer lorsqu\u2019ils ferment une filiale. Les actions pourront ainsi se ressaisir plus vite, sur le march\u00e9 des vies bris\u00e9es.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>la m\u00e9decine du travail :<\/strong> les m\u00e9decins seraient d\u00e9sormais interdits de d\u00e9livrer des avis d\u2019aptitude avec r\u00e9serves, qui obligent jusque l\u00e0 les employeurs \u00e0 adapter le poste de travail \u00e0 l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des travailleur\u00b7euse\u00b7s, et les emp\u00eachent de les licencier abusivement.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>les travailleur\u00b7euse\u00b7s handicap\u00e9\u00b7e\u00b7s :<\/strong> les patrons ne seraient plus oblig\u00e9s d\u2019employer des travailleur\u00b7euse\u00b7s handicap\u00e9\u00b7e\u00b7s : leur seraient propos\u00e9s le pr\u00e9caire statut de travailleur\u00b7euse ind\u00e9pendant\u00b7e, ou des \u201cp\u00e9riodes de mise en situation en milieu professionnel\u201d \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>le travail clandestin :<\/strong> la sanction des patrons embauchant des salari\u00e9\u00b7e\u00b7s sans les d\u00e9clarer (donc sans les couvrir d\u2019une protection sociale) serait remplac\u00e9e par une simple suspension d\u2019activit\u00e9, ne pouvant pas d\u00e9passer un mois. L\u2019employeur pourrait m\u00eame d\u00e9cider de payer une amende \u00e0 la place.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>les transports :<\/strong> lib\u00e9ralisation pr\u00e9vue du transport inter-r\u00e9gional par autobus, d\u00e9gradant encore plus le service public ferroviaire. Privatisation des a\u00e9roports de Nice et de Lyon. De nouveaux march\u00e9s juteux, au d\u00e9triment des salari\u00e9\u00b7e\u00b7s et des usagers.<\/p>\n<p>Toutes ces attaques sont le reflet de l\u2019offensive patronale en cours depuis des ann\u00e9es. Elle ne cesse de s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, et se poursuivra contre nous tant que nous ne la stopperons pas par la lutte et l\u2019organisation de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Alors que nombre de prolos grondent et n\u2019en peuvent plus de se sentir m\u00e9pris\u00e9\u00b7e\u00b7s, la r\u00e9ponse des bureaucraties de la contestation se contentant de n\u00e9gocier l\u2019inacceptable, ou de proposer des broutilles, n\u2019est absolument pas \u00e0 la hauteur. Nous ne prendrons pas la peine de rapporter ici les revendications pitoyables de la plupart des organisations syndicales et partidaires, au risque de dire des m\u00e9chancet\u00e9s. La strat\u00e9gie gauchiste perdante d\u2019y aller \u201cpas \u00e0 pas\u201d pour \u201cconvaincre les masses\u201d, sous-entendant que les prolo\u00b7te\u00b7s seraient trop con\u00b7ne\u00b7s pour comprendre, est surtout parvenue \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer tout le monde.<\/p>\n<p>L\u2019histoire montre que les conqu\u00eates sociales ne se sont pas gagn\u00e9es par des revendications partielles, mais par la menace d\u2019une r\u00e9volution sociale expropriatrice, lorsque les prolo\u00b7te\u00b7s d\u00e9bordent les structures cens\u00e9es les repr\u00e9senter. Nous produisons tout, nous sommes capables de satisfaire nos besoins sans patronat ni \u00c9tat. Pourquoi continuer \u00e0 produire pour le seul profit de gens obs\u00e9d\u00e9s par le pouvoir et le pognon ?<\/p>\n<p>Vu le paysage actuel des luttes, vue l\u2019entreprise de division du prol\u00e9tariat par le gouvernement et les m\u00e9dias bourgeois, sur fond de banalisation des discours discriminatoires puants, vue la r\u00e9pression partout \u00e0 l\u2019\u0153uvre, la t\u00e2che n\u2019est pas ais\u00e9e. Mais malgr\u00e9 la fatigue, malgr\u00e9 la d\u00e9prime, nous ne devons pas, nous ne pouvons pas renoncer. L\u2019organisation r\u00e9elle du prol\u00e9tariat passe, aujourd\u2019hui comme autrefois, par la construction quotidienne de liens solides et solidaires, aussi bien dans le partage et l\u2019entraide que dans la lutte, sur le long terme. Des liens moins id\u00e9ologiques que de classe, moins spectaculaires qu\u2019efficients, avec toutes celles et ceux qui ne se r\u00e9signent plus face \u00e0 l\u2019injustice, l\u2019exploitation, la domination, et qui sont r\u00e9solu\u00b7e\u00b7s \u00e0 b\u00e2tir ici et maintenant un monde solidaire.<\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"LGV\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Un triste rassemblement contre la LGV Poitiers-Limoges<\/strong><\/p>\n<p>Ainsi donc, par le fait du prince et \u00e0 la demande de quelques \u00e9lus locaux du Limousin, passant outre l\u2019avis de la commission Mobilit\u00e9 21, de la Cour des comptes et du Conseil d\u2019\u00c9tat, le projet de la LGV Poitiers-Limoges a re\u00e7u sa DUP (d\u00e9claration d\u2019utilit\u00e9 publique) in extremis. Ce, en plein \u201cdeuil national\u201d. <em>\u201cMoi pr\u00e9sident, je roule pour mes copains\u2026\u201d<\/em><\/p>\n<p>La d\u00e9tresse et la col\u00e8re des habitant\u00b7e\u00b7s et exploitant\u00b7e\u00b7s agricoles dont les terrains impact\u00e9s par le trac\u00e9 sont gel\u00e9s, le massacre pr\u00e9visible de l\u2019environnement en zone prot\u00e9g\u00e9e, et les co\u00fbts exorbitants de ce projet qu\u2019on nous fera supporter en lieu et place d\u2019une r\u00e9novation des lignes desservant les petites communes, valent bien un petit geste client\u00e9liste de la part du PS au pouvoir. Ce flagrant d\u00e9lit de foutage de gueule \u201cd\u00e9mocratique\u201d \u00e9clabousse jusqu\u2019\u00e0 la ministre de l\u2019\u00e9cologie, S. Royal, qui s\u2019\u00e9tait pourtant d\u00e9clar\u00e9e plusieurs fois oppos\u00e9e au projet : elle a sign\u00e9 la DUP, geste qu\u2019elle explique par une \u201csolidarit\u00e9 gouvernementale\u201d. Elle invite les manifestant\u00b7e\u00b7s, toute honte bue, \u00e0 formuler des recours. \u201cVive le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9cologie\u201d, s\u2019est \u00e9cri\u00e9e la ministre \u00e0 l\u2019issue de son discours. Une semaine plus t\u00f4t, elle s\u2019\u00e9tait prononc\u00e9e pour une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de centrales nucl\u00e9aires. Mis\u00e8re du PS, mis\u00e8re de la politique.<\/p>\n<p>Libertaires, nous \u00e9tions pr\u00e9sent\u00b7e\u00b7s ce 21 janvier 2015 au soir, pour le rassemblement contre le projet de LGV Poitiers-Limoges, bient\u00f4t rejoint par celui des salari\u00e9\u00b7e\u00b7s de Itron, menac\u00e9\u00b7e\u00b7s de 124 licenciements. Nous avons eu d\u2019office droit \u00e0 un contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9 cibl\u00e9, avec prise d\u2019adresses et fouille de nos sacs par trois policiers de la BAC. Arguments de l\u2019intimidation : lois anti-terroristes, Vigipirate. D\u00e9ception : nosdits sacs ne contenaient que des l\u00e9gumes, de la boisson, un stylo, une peluche et une grille de mots crois\u00e9s.<\/p>\n<p>Puis nous avons \u00e9t\u00e9 interdit\u00b7e\u00b7s, par les m\u00eames policiers, de rejoindre les autres manifestant\u00b7e\u00b7s dans le TAP (Th\u00e9\u00e2tre Auditorium de Poitiers), au pr\u00e9texte que nous n\u2019avions pas \u201cd\u2019invitations\u201d. Ces policiers nous ont alors invit\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 assister aux v\u0153ux de la R\u00e9gion par \u00e9cran g\u00e9ant interpos\u00e9, dans l\u2019auditorium public o\u00f9 \u00e9tait organis\u00e9e une retransmission, et o\u00f9 \u201ctout le monde\u201d pourrait acc\u00e9der. Mais dix minutes apr\u00e8s, cet acc\u00e8s \u00e0 l\u2019auditorium nous a aussi \u00e9t\u00e9 interdit, par d\u2019autres policier\u00b7e\u00b7s pr\u00e9sent\u00b7e\u00b7s, au nom de \u201cconsignes de s\u00e9curit\u00e9 venues d\u2019en haut\u201d. Notons que d\u2019autres personnes, dont des militant\u00b7e\u00b7s anti-LGV, \u00e9taient autoris\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 entrer. Questionn\u00e9 par l\u2019un d\u2019entre nous sur le motif de cette discrimination, un policier r\u00e9pond tel Ulysse : \u201cMoi, je suis personne\u201d. Le m\u00eame policier est affect\u00e9 \u00e0 nous filmer, lors des manifestations, avec l\u2019\u0153il unique d\u2019un cam\u00e9scope. Quand finalement la police accepte que les manifestant\u00b7e\u00b7s rentrent dans le T.A.P., la haie des policiers se referme une troisi\u00e8me fois sur nous : \u201cNon, pas vous\u201d. Nous ne portions aucune pancarte ni chasuble jaune fluo, nous ne criions aucun slogan. Nous sommes identifi\u00e9\u00b7e\u00b7s comme libertaires, cela semble suffire pour nous priver de droits. Qu\u2019elle est belle, la \u201cd\u00e9mocratie\u201d.<\/p>\n<p>Pendant que nous nous gelions dehors depuis plus de deux heures, interdit\u00b7e\u00b7s de petits fours et d\u2019\u00e9cran g\u00e9ant, dans le TAP le Pr\u00e9sident de R\u00e9gion \u201csocialiste\u201d invitait les anti-LGV au respect du \u201cdialogue d\u00e9mocratique\u201d. Vous avez dit \u201clibert\u00e9 d\u2019expression\u201d, \u201c\u00e9tat de droit\u201d, \u201ccitoyennet\u00e9\u201d, \u201cvaleurs de la r\u00e9publique\u201d ? C\u2019est comme l\u2019humour, c\u2019est pas avec tout le monde. Les personnes que la police laisse passer, et que nous interpellons sur la situation, rejoignent les v\u0153ux du pr\u00e9sident de R\u00e9gion sans piper mot, sourire g\u00ean\u00e9, t\u00eate baiss\u00e9e. Qu\u2019elle est belle, la solidarit\u00e9 citoyenne.<\/p>\n<p>Nous retiendrons \u00e0 ce sujet ces quelques lignes \u00e9crites par le Pr\u00e9sident du collectif Non \u00e0 la LGV Poitiers-Limoges, dans une lettre qu\u2019il a remise en mains propres \u00e0 S. Royal ce jour-l\u00e0 : <em>\u201cLe sentiment de trahison est tr\u00e8s fort et le risque de radicalisation nous inqui\u00e8te tous.\u201d \u201cDans ce cadre, nous faisons tout notre possible pour contenir une radicalisation des citoyens en col\u00e8re (\u00e0 quand une ZAD suppl\u00e9mentaire ?) [\u2026]\u201d<\/em> Qu\u2019elle est belle, la solidarit\u00e9 dans la lutte de \u201ctoutes les composantes\u201d.<\/p>\n<p>De cette triste soir\u00e9e, nous retiendrons par ailleurs le r\u00f4le pacificateur de \u201cl\u2019art\u201d dans l\u2019espace public. Braseros align\u00e9s dans la nuit, devant l\u2019entr\u00e9e du TAP, entre lesquels s\u2019avance soudain un d\u00e9fil\u00e9 nocturne de personnes v\u00eatues de noir, jouant la fanfare, tenant des flambeaux pyrotechniques. Et passant sous une porte illumin\u00e9e de feux. L\u2019historien ne peut que s\u2019\u00e9trangler devant une telle esth\u00e9tique organis\u00e9e pour un \u00e9v\u00e9nement politique, rappelant un autre mois de janvier, sous une certaine porte de Brandebourg. Il s\u2019agissait d&rsquo;\u00ab artistes de rue \u00bb pay\u00e9\u00b7e\u00b7s par les deniers publics, venu\u00b7e\u00b7s jouer un spectacle \u00e0 l\u2019occasion des v\u0153ux de la R\u00e9gion. Ces prestataires ont fendu comme si de rien n\u2019\u00e9tait la foule des manifestant\u00b7e\u00b7s, futur\u00b7e\u00b7s licenci\u00e9\u00b7e\u00b7s d\u2019Itron, et opposant\u00b7e\u00b7s \u00e0 la LGV. Les artistes sont reparti\u00b7e\u00b7s sans un mot pour les manifestant\u00b7e\u00b7s., qui ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 nombreux\u00b7ses \u00e0 applaudir la prestation. C\u2019est beau, l\u2019art engag\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Nous retiendrons enfin le choix des manifestant\u00b7e\u00b7s d\u2019Itron de manifester en silence. La veille, bien que 124 licenciements soient pr\u00e9vus, les salari\u00e9\u00b7e\u00b7s avaient d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 la majorit\u00e9 de ne pas faire gr\u00e8ve, pour ne pas froisser les clients de l\u2019usine. L\u2019un des manifestants d\u2019Itron brandissait une pancarte d\u00e9fendant le \u201csavoir-faire\u201d\u2026 consistant \u00e0 fabriquer des compteurs intelligents pour ERDF. Deux jours apr\u00e8s le rassemblement, les salari\u00e9\u00b7e\u00b7s d\u2019Itron se couchaient devant leurs patrons, devant la mairie de Poitiers, en signe de protestation symbolique. C\u2019est ce que leurs syndicats appellent, sans rire, des \u201cactions coup-de-poing\u201d. Nous, \u00e7a nous rend tristes. Prol\u00e9taires, en sommes-nous donc r\u00e9duit\u00b7e\u00b7s \u00e0 nous taire, \u00e0 ne pas faire gr\u00e8ve et \u00e0 nous coucher litt\u00e9ralement devant nos exploiteurs pour nous faire entendre ?<\/p>\n<p>R\u00e9pression banale, spectacle de la mis\u00e8re politique et syndicale, silence, froid, amertume. Et il faut bien l\u2019admettre : impuissance, manque d\u2019organisation.<\/p>\n<p>Sale temps pour la lutte de classe.<\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"con\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Dr. Squatt vous raconte&#8230; Le Con<\/strong><\/p>\n<p><em>Les plumes du Coin-Coin (un journal du coin) s&rsquo;\u00e9tant envol\u00e9es vers d&rsquo;autres horizons, Dr. Squatt reprend sa chronique dans le Pavillon Noir ! Voici un bref r\u00e9cit du Con, squat de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2011, mitoyen de l&rsquo;ancienne Chaussetterie, un autre squat occup\u00e9 en 2007.<\/em><\/p>\n<p>Depuis le 15 mai 2011, le mouvement des Indignados espagnols bat son plein. \u00c0 Poitiers, des individu\u00b7e\u00b7s de tous horizons et sensibles aux revendications de la Puerta del Sol s&rsquo;organisent \u00e0 travers le collectif \u00ab\u00a0D\u00e9mocratie R\u00e9elle Maintenant\u00a0\u00bb. Rapidement, c&rsquo;est l&rsquo;effervescence. En plus d&rsquo;actions r\u00e9guli\u00e8res (anti-pub, occupation de la mairie, panneaux d&rsquo;expression libre), des assembl\u00e9es populaires ont lieu quotidiennement en pleine rue. Nous mettons en place plusieurs campements, sur la place de la Libert\u00e9 d&rsquo;abord, du 2 au 7 juin, puis devant l&rsquo;\u00e9glise Notre-Dame, les 9 et 10 juin, mais tous seront d\u00e9mantel\u00e9s par les flics.[1] Au final, nous devons nous en tenir aux seules assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales.<\/p>\n<p>Le 17 juin, \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, quelques personnes nous apprennent qu&rsquo;elles ont ouvert un squat depuis deux semaines, au 89 rue des Feuillants. Elles demandent le soutien du collectif D\u00e9mocratie R\u00e9elle 86. Le soutien est adopt\u00e9, auquel se rajoute celui du DAL 17 (Droit Au Logement de La Rochelle).<\/p>\n<p>Le voisinage du squat a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu, et est plut\u00f4t favorable. Les m\u00e9dias militants et locaux re\u00e7oivent le communiqu\u00e9 d&rsquo;ouverture. La d\u00e9marche est politique, il s&rsquo;agira d&rsquo;un lieu d&rsquo;habitation, d&rsquo;\u00e9change et de rencontre (repas de quartier, friperie, expressions diverses, d\u00e9bats&#8230;). Il s&rsquo;appellera \u00ab\u00a0Le Con\u00a0\u00bb, car ayant pour vocation de discuter, entre autres, de questions de genre.[2] D&rsquo;ailleurs, fait inhabituel \u00e0 Poitiers, c&rsquo;est un groupe exclusivement compos\u00e9 de femmes qui a organis\u00e9 et mis en \u0153uvre la prise du b\u00e2timent.<\/p>\n<p>Nous nous retrouvons donc \u00e0 presque trente personnes devant le squat ! Aux fen\u00eatres sont suspendues des banderoles o\u00f9 l&rsquo;on lit \u00ab\u00a0Portes Ouvertes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Lieu ouvert d\u2019expression et d\u2019\u00e9change\u00a0\u00bb. M\u00eame si nous y p\u00e9n\u00e9trons d&rsquo;abord par une fen\u00eatre de derri\u00e8re afin de d\u00e9blayer un peu, chacun\u00b7e y va de son coup de masse pour d\u00e9foncer le mur de brique qui bloque l&rsquo;entr\u00e9e principale. Le son des percu et le go\u00fbt du pain perdu nous accompagnent.<\/p>\n<p>Le squat est immense : trois \u00e9tages, des dizaines des chambres et un jardin en friche. Malgr\u00e9 la poussi\u00e8re et des rafistolages, tout est en bon \u00e9tat. Nous encombrons le couloir de l&rsquo;entr\u00e9e en cas d&rsquo;intrusion polici\u00e8re. Une fois install\u00e9\u00b7e\u00b7s, la vie prend rapidement. Des r\u00e9cup&rsquo; de nourriture nous assurent petits d\u00e9jeuners et repas. On rapporte du mat\u00e9riel, de l&rsquo;eau, quelques matelas et des couvertures pour occuper les chambres, mais nous devons d&rsquo;abord nous \u00e9clairer \u00e0 la bougie. Les soir\u00e9es suivantes seront plus anim\u00e9es : d\u00e9bats \u00e0 th\u00e8me, projections de films, \u00e9coute collective des Monologues du vagin, musique improvis\u00e9e, s\u00e9ances de massages, cours d&rsquo;autod\u00e9fense <em>et cetera<\/em> !<\/p>\n<p>Malheureusement, la presse nous apprend rapidement que le bailleur social Logiparc, propri\u00e9taire des lieux, souhaite nous faire d\u00e9gager rapidement. Son pr\u00e9sident d&rsquo;alors, Jean-Fran\u00e7ois Macaire, joue la carte de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 pour les occupant\u00b7e\u00b7s, ajoutant que certains endroits sont tr\u00e8s dangereux, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a ni lumi\u00e8re ni assurance. Il ajoute qu&rsquo;il a fait ajouter des serrures aux portes. Foutaises : nous avons eu beau chercher, nous n&rsquo;avons pas vu d&rsquo;autres serrures que celles que nous avions pos\u00e9es nous-m\u00eames. Les journaleux se plaindront notamment de ne pas \u00eatre les bienvenus contrairement \u00e0 l&rsquo;intention d&rsquo;ouverture qu&rsquo;annon\u00e7ait le communiqu\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e9finitivement pas au fait des revendications propres aux squats, Macaire s&rsquo;attriste que personne n&rsquo;ait r\u00e9pondu favorablement \u00e0 des solutions de logement, et que les occupant\u00b7e\u00b7s ne veulent pas non plus d&rsquo;un local associatif. Comme on pouvait lire sur le communiqu\u00e9 : \u00ab\u00a0Nous souhaitons nous organiser sur l\u2019initiative de chacun et chacune afin de nous r\u00e9approprier, \u00e0 notre mesure, la ville, le temps et l\u2019espace\u00a0\u00bb. Le squat sert effectivement de logement temporaire \u00e0 quelques sans-abris. Mehdi, du DAL 17, tente de n\u00e9gocier des solutions de relogement, et m\u00eame de l&rsquo;acquisition du squat pour un euro symbolique. Bien s\u00fbr, les pourparlers ne donneront rien et une proc\u00e9dure pour faire \u00e9vacuer les lieux est lanc\u00e9e.<\/p>\n<p>Le 28 juin, tard dans la soir\u00e9e, quatre bagnoles de flics font irruption dans la rue. Un grad\u00e9 tente de rentrer en force mais restera sur le pas de la porte. Impossible de voir ce qu&rsquo;il se passe dehors, les flics pointent leurs Maglite sur les fen\u00eatres alors que nous essayons de les filmer. Pendant que certain\u00b7e\u00b7s n\u00e9gocient, nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 notre \u00e9vacuation. Nous pressentons arrestations et saisie de mat\u00e9riel le lendemain matin si nous ne partons pas de notre gr\u00e9. Finalement les flics abandonnent. Nous tentons de faire sortir un maximum de mat\u00e9riel, mais les fourgonnettes rouge et bleu rodent. Nous passerons plusieurs heures \u00e0 faire des aller-retour jusqu&rsquo;au camion d&rsquo;un\u00b7e squatteureuse tout en \u00e9vitant de se faire chopper, pour finalement nous s\u00e9parer.<\/p>\n<p>Avec seulement deux semaines d&rsquo;existence, Le Con a vu passer beaucoup de monde, profitant de la fra\u00eeche mobilisation des indign\u00e9\u00b7e\u00b7s pictaves. Malgr\u00e9 des projets cette fois bien dessin\u00e9s, c&rsquo;est encore l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e9rit\u00e9 de ce squat qui ne nous a pas permis de nous organiser dans la dur\u00e9e. Alors, quand nous rassemblons-nous avec de nouvelles strat\u00e9gies pour cr\u00e9er une r\u00e9elle zone d&rsquo;alternative p\u00e9renne ? \ud83d\ude42<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><strong>Dr. Squatt<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>[1] L&rsquo;escale de la marche Bayonne-Paris des Indign\u00e9\u00b7e\u00b7s le 30 mars 2012 nous permettra, par la suite, d&rsquo;occuper la rue plus longtemps ; le gouvernement \u00e9tant en contradiction, soutenant le mouvement espagnol tandis qu&rsquo;il r\u00e9primait les collectifs D\u00e9mocratie R\u00e9elle un peu partout en France. <\/em><br \/>\n<em>[2] \u00ab\u00a0Le Con\u00a0\u00bb faisant bien s\u00fbr allusion au sexe f\u00e9minin.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"syriza\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Sur la victoire de Syriza en Gr\u00e8ce<\/strong><\/p>\n<p><em>Syriza a recueilli, ce dimanche 25 janvier 2015, 36% des voix (exprim\u00e9es) en Gr\u00e8ce. Les m\u00e9dias de la gauche institutionnelle se gargarisent de ce \u201cgrand espoir\u201d\u2026 de m\u00eame que les m\u00e9dias bourgeois, ce qui para\u00eet tout de m\u00eame louche ! De l\u2019extr\u00eame-gauche \u00e0 l\u2019extr\u00eame-droite du spectacle politicien hexagonal, les politicard\u00b7e\u00b7s professionnel\u00b7le\u00b7s de la lutte des places tirent parti de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pour se faire inviter sur les plateaux t\u00e9l\u00e9, et nous ass\u00e9ner leur vieille th\u00e9orie \u00e9cul\u00e9e de la \u201cr\u00e9volution citoyenne\u201d \u201cpar les urnes\u201d.<\/em><\/p>\n<p><strong>Faut-il se r\u00e9jouir ?<\/strong><\/p>\n<p>Libertaires, n\u2019ayant aucune illusion sur le vote repr\u00e9sentatif, nous ne sommes pas sectaires pour autant : si ces r\u00e9sultats conduisaient \u00e0 redonner de l\u2019espoir et de la dignit\u00e9 \u00e0 celles et ceux parmi les prol\u00e9taires qui croient encore au vote (il y en a manifestement pas mal encore), et les incitait surtout \u00e0 investir les luttes sociales en cours, nous ne bouderions pas notre joie. Tant mieux si Syriza parvenait \u00e0 faire souffler un peu les millions de Grec\u00b7que\u00b7s en gal\u00e8re, plong\u00e9e\u00b7e\u00b7s dans la mis\u00e8re que leur imposent cyniquement les capitalistes et les dirigeants politiques de Gr\u00e8ce et d\u2019Europe.<\/p>\n<p>Or h\u00e9las, nous doutons que cet \u00e9v\u00e9nement donne un meilleur environnement aux luttes sociales et aux conditions de vie sinistr\u00e9es des prol\u00e9taires de Gr\u00e8ce et d\u2019ailleurs. L\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Syriza risque d\u2019entra\u00eener des illusions mortelles pour une bonne partie du prol\u00e9tariat, en le d\u00e9tournant des luttes. De fait, les virages du pouvoir \u00e0 gauche dans l\u2019histoire fran\u00e7aise n\u2019ont gu\u00e8re am\u00e9lior\u00e9 la combativit\u00e9 sociale \u00e0 terme. Bien au contraire, les luttes ont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9t\u00e9 mises sous l\u2019\u00e9teignoir par les directions syndicales complices de la bureaucratie partidaire. Les fronts \u00e9lectoralistes meurent dans les urnes, sous l\u2019\u00e9chec du r\u00e9formisme de gauche et la reprise en main \u00e9conomiciste de nos affaires. Or en Gr\u00e8ce, nombre de leaders syndicaux sont proches de Syriza.<\/p>\n<p>Le seul fait que les \u00e9ditorialistes de magazines lib\u00e9raux, droitiers et financiers eux-m\u00eames se satisfassent autant de la victoire de Syriza devrait nous suffire pour \u00e9mettre une (grosse) r\u00e9serve. Penchons-nous donc un peu sur Syriza\u2026<\/p>\n<p><strong>Une man\u0153uvre r\u00e9ussie de la classe dominante<\/strong><\/p>\n<p>Le fait est qu\u2019en Gr\u00e8ce, le discr\u00e9dit est total sur la classe politique, quasi-unanimement rejet\u00e9e. La gauche institutionnelle d\u00e9labr\u00e9e du Pasok, qui gouvernait jusque l\u00e0, obtient moins de 5% des suffrages exprim\u00e9s, une claque sans pr\u00e9c\u00e9dent. Les classes dominantes ne sont pas parvenues \u00e0 juguler la col\u00e8re populaire, les gr\u00e8ves se g\u00e9n\u00e9ralisent, des pans entiers de la soci\u00e9t\u00e9 pratiquent l\u2019autogestion, s\u2019organisent contre les flics, les huissiers et les nervis fascistes. Voil\u00e0 de quoi donner des sueurs froides aux classes poss\u00e9dantes ! Faute de d\u00e9bouch\u00e9s politicards aptes \u00e0 domestiquer la r\u00e9volte, les dirigeants se sont donc r\u00e9solus \u00e0 am\u00e9nager l\u2019av\u00e8nement de Syriza au pouvoir, depuis plus d\u2019un an. Entre la victoire probable de ce mouvement de gauche pas si m\u00e9chant que \u00e7a, et une r\u00e9volution sociale ou le recours dangereux \u00e0 un coup d\u2019\u00e9tat, la bourgeoisie a vite choisi, et s\u2019est organis\u00e9e en cons\u00e9quence pour achever de rendre Syriza inoffensif.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, face \u00e0 cette coalition qui mena\u00e7ait de ne plus payer la dette grecque, apr\u00e8s des mois de magouilles et autres tractations les march\u00e9s financiers ont obtenu des gouvernants europ\u00e9ens le rachat massif des dettes souveraines pourries des \u00c9tats, qui passent des mains du priv\u00e9 vers le public. La Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) a annonc\u00e9 jeudi 22 janvier une historique op\u00e9ration de \u201cquantitative leasing\u201d (QE), \u00e0 hauteur de 1100 milliards d&rsquo;euros. Histoire de mettre \u00e0 l\u2019abri les capitaux en cas de d\u00e9faut grec d\u2019une part, et de faire casquer les prolos d\u2019autre part. Le tout maquill\u00e9 sous l\u2019alibi piteux d\u2019une \u201crelance de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique en Europe\u201d. Ce vaste transfert de dettes pourries des \u00c9tats, des capitaux priv\u00e9s vers les prol\u00e9taires, issues du sauvetage des march\u00e9s financiers par les \u00c9tats suite \u00e0 la crise de 2008, la BCE a mis des ann\u00e9es \u00e0 en reculer l\u2019\u00e9ch\u00e9ance. Mais, magie du hasard, \u00e7\u2019a \u00e9t\u00e9 emball\u00e9 pes\u00e9 pli\u00e9 trois jours avant les \u00e9lections grecques, alors que Syriza se profilait comme vainqueur assur\u00e9.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la bourgeoisie avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9, depuis un bon moment d\u00e9j\u00e0, \u00e0 n\u00e9gocier avec la direction de Syriza. Syriza pr\u00e9sente l\u2019int\u00e9r\u00eat de ne pas se r\u00e9clamer, contrairement \u00e0 ce qui est \u00e9crit un peu partout, de l\u2019anticapitalisme. Syriza n\u2019est qu\u2019une coalition h\u00e9t\u00e9roclite de gauche, plut\u00f4t \u00e0 droite du Front de gauche fran\u00e7ais, s\u2019il fallait employer une comparaison. En \u00e9change de la bienveillance des dirigeants \u00e9conomiques et politiques d\u2019Europe, Syriza a donn\u00e9 des gages de soumission, en faisant le tri dans sa direction et en bridant s\u00e9v\u00e8rement son opposition de gauche. Au final, les candidats pr\u00e9sent\u00e9s par Syriza aux \u00e9lections \u00e9taient quasiment partout les plus mod\u00e9r\u00e9s et droitiers du mouvement, dont une partie de vieux cro\u00fbtons exfiltr\u00e9s du Pasok, la gauche moisie pr\u00e9c\u00e9demment au pouvoir. Une fois \u00e9lu, Syriza continue \u00e0 montrer qu\u2019il apprend docilement les petits codes du pouvoir, en d\u00e9clarant son alliance avec un parti de droite r\u00e9ac et souverainiste, pr\u00f4nant de renforcer la traque aux migrant\u00b7e\u00b7s, d\u00e9non\u00e7ant le \u201cmulticulturalisme\u201d et souhaitant le rapprochement avec l\u2019\u00c9glise orthodoxe. Ce pan v\u00e9reux du discours souverainiste de gauche, fricotant avec ce genre de nationalisme malsain, rend m\u00eame Syriza sympathique \u00e0 une Marine Le Pen en France, c\u2019est dire le confusionnisme politique \u2013 qui ne touche h\u00e9las pas que Syriza en Europe, suivez nos regards !<\/p>\n<p>Surtout, en recentrant son discours politique aux accents initialement offensifs, Syriza a r\u00e9duit son v\u00e9h\u00e9ment programme \u00e0 une peau de chagrin. Alexis Tsipras, autrefois boud\u00e9 par les partis de la gauche institutionnelle europ\u00e9enne, est aujourd\u2019hui devenu leur coqueluche. Il y a de quoi, puisqu\u2019il se contente d\u00e9sormais de vagues propositions n\u00e9o-keyn\u00e9siennes, bien \u00e9loign\u00e9es de ses saillies gauchistes pass\u00e9es. Ainsi, il n\u2019est plus question de sortie de la zone euro, ni d\u2019annuler la dette. Le voici \u201cpr\u00eat \u00e0 n\u00e9gocier avec nos cr\u00e9anciers sur une solution mutuellement acceptable\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire le r\u00e9\u00e9chelonnement de la dette. Tout est dans ce \u201cmutuellement\u201c\u2026 En ce qui concerne le salaire minimum, l\u2019un des principaux points du programme initial, il est d\u00e9sormais question d\u2019une mise en \u0153uvre progressive, ben voyons. Quant \u00e0 revenir sur la l\u00e9gislation sociale bris\u00e9e par les partis pr\u00e9c\u00e9demment au pouvoir (licenciements massifs l\u00e9galis\u00e9s, dur\u00e9e du travail hebdomadaire explos\u00e9e, heures suppl\u00e9mentaires non pay\u00e9es, n\u00e9gociations collectives en charpie), une sage timidit\u00e9 pr\u00e9vaut d\u00e9sormais, avec un appel \u00e0 ren\u00e9gocier tout \u00e7a. Voil\u00e0 qui ne mange pas de pain. Quant \u00e0 la lutte des habitant\u00b7e\u00b7s du district de Chalcidique contre le monstrueux projet d\u2019exploitation de mines d\u2019or par la compagnie \u201cEldorado Gold\u201d, il d\u00e9clare beno\u00eetement que <em>\u00ab la loi sera appliqu\u00e9e \u00bb<\/em> et que <em>\u00ab les contrats seront examin\u00e9s \u00bb<\/em>. Quel courage politique ! Enfin, en ce qui concerne la r\u00e9int\u00e9gration des milliers de travailleur\u00b7euse\u00b7s du secteur public licenci\u00e9\u00b7e\u00b7s, ainsi que la remise en cause du Taiped, organisme g\u00e9rant toutes les privatisations sous l\u2019injonction des cr\u00e9anciers de la Gr\u00e8ce (touchant des entreprises publiques, des plages, des montagnes, des for\u00eats) et provoquant des licenciements de masse, Syriza d\u00e9clare : <em>\u00ab\u00a0nous allons \u00e9tudier la l\u00e9galit\u00e9 de ce qui s\u2019est pass\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> Tremble Phynance, ton heure est venue !<\/p>\n<p><strong>Les lendemains qui d\u00e9chantent<\/strong><\/p>\n<p>Br\u00e8fle. Les r\u00e9actions quasi-unanimes des classes dirigeantes europ\u00e9ennes et de leurs m\u00e9dias aux ordres, saluant la victoire de Syriza, montrent assez que la man\u0153uvre a r\u00e9ussi, et les satisfait. En France, on peut reconna\u00eetre \u00e0 ce sacr\u00e9 Jean-Marc Sylvestre une certaine franchise. Il se r\u00e9jouit de l\u2019\u00e9lection de Syriza, car son \u00e9chec programm\u00e9 va selon lui montrer \u00e0 toute la gauche contestataire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autre solution possible que l\u2019application des mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Il est certain que le programme initial \u201canti-aust\u00e9rit\u00e9\u201d de Syriza, ne sortant absolument pas du cadre capitaliste, va s\u2019av\u00e9rer impossible \u00e0 mettre en \u0153uvre. Syriza se contentera de jouer son petit r\u00f4le d\u2019interlocuteur international pour n\u00e9gocier et r\u00e9\u00e9chelonner la \u201cdette\u201d impos\u00e9e aux Grecs. Ce qui contribuera \u00e0 discr\u00e9diter non seulement les \u00e2neries de la gauche keyn\u00e9sienne (nous ne nous en plaindrons certes pas), mais aussi, plus largement, les discours alternatifs \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie autoritariste et \u00e9conomiciste de l\u2019organisation sociale. Cette hypoth\u00e8se s\u2019est confirm\u00e9e lorsque les m\u00e9dias bourgeois proclamaient unanimement, apr\u00e8s la victoire de Syriza, le triomphe de la gauche \u201cradicale\u201d, \u201cr\u00e9volutionnaire\u201d, \u201canticapitaliste\u201d, ce que Syriza n\u2019est \u00e9videmment pas.[1] \u00c0 travers l\u2019\u00e9chec et les d\u00e9sillusions programm\u00e9s de Syriza, les classes dirigeantes veulent discr\u00e9diter dans les m\u00e9dias tout anticapitalisme r\u00e9el et cons\u00e9quent, et nous plonger dans la r\u00e9signation totale \u00e0 leur diktat. Elles oublient juste que pour nombre d\u2019entre nous, la lutte politique ne se joue plus dans le spectacle m\u00e9diatique, mais dans nos vies r\u00e9elles.<\/p>\n<p><strong>L\u2019alternative au capitalisme ne peut qu\u2019\u00eatre r\u00e9volutionnaire<\/strong><\/p>\n<p>La gestion politique du capitalisme, par essence in\u00e9galitaire et autoritaire, quels que soient les atours de \u201cgauche\u201d dont se parent ses tenants, ne peut conduire qu\u2019aux d\u00e9sillusions. Avec la victoire de Syriza, la bourgeoisie qui flippait (et flippe encore) pr\u00e9voit d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e9tape prochaine. Partout en Europe, elle s\u2019oriente vers une gestion autoritariste de la soci\u00e9t\u00e9, en forme d\u2019occupation polici\u00e8re renforc\u00e9e de l\u2019espace social, de nouveaux dispositifs l\u00e9gislatifs liberticides au nom de la \u201clutte antiterroriste\u201d, de mise au pas des espaces de lutte dans et hors le monde du travail. Nous n\u2019en sommes pas encore au \u201cfascisme\u201d, sinon nous ne pourrions m\u00eame pas r\u00e9diger cet article, mais il est grand temps de reprendre un temps d\u2019avance sur nos adversaires de classe, qui ne cessent de montrer qu\u2019ils sont bel et bien organis\u00e9s. Les dirigeants font feu de tout bois pour accro\u00eetre la r\u00e9pression tous azimuts des pauvres et des r\u00e9volt\u00e9\u00b7e\u00b7s.<\/p>\n<p>Pour en revenir \u00e0 la Gr\u00e8ce, contrairement \u00e0 ce que le spectacle m\u00e9diatique pr\u00e9tend, la victoire de Syriza ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9 chez les militant\u00b7e\u00b7s, bien loin de l\u00e0. Nos camarades anarchistes, tr\u00e8s pr\u00e9sent\u00b7e\u00b7s en Gr\u00e8ce dans les mouvements sociaux, ont appel\u00e9 \u00e0 une gr\u00e8ve du vote. Force est de constater que, dans un pays o\u00f9 l\u2019abstention est interdite, conduisant \u00e0 des difficult\u00e9s pour l\u2019obtention de papiers (passeport, permis de conduire), l\u2019abstention reste impressionnante pour ces \u00e9lections grecques pourtant surm\u00e9diatis\u00e9es, s\u2019\u00e9levant \u00e0 36 %. Soit bien plus d\u2019abstentionnistes que de personnes votant Syriza\u2026 c\u2019est \u00e9trange, les m\u00e9dias en parlent peu.<\/p>\n<p>Et pour cause. Il s\u2019agit de taire le fait historique incontournable, que les conqu\u00eates des droits et des libert\u00e9s sont le r\u00e9sultat, aujourd\u2019hui comme hier, des luttes autonomes des opprim\u00e9\u00b7e\u00b7s. Des alternatives de vie et de luttes existent d\u00e9j\u00e0 en nombre \u00e0 travers toute la Gr\u00e8ce, mais aussi en France, en Europe, dans le monde. Ce sont elles qui changent le rapport de force, loin du spectacle m\u00e9diatique et politicien. Pour nous redonner la patate, voyons ou revoyons le film documentaire \u201cNe vivons plus comme des esclaves\u201d, qui pr\u00e9sente les t\u00e9moignages de nombreux\u00b7ses camarades grec\u00b7que\u00b7s mettant en place des alternatives de vie et de lutte r\u00e9elles et efficientes, r\u00e9sistant \u00e0 la guerre que nous m\u00e8nent les capitalistes. Puis mieux encore : \u00e9teignons nos \u00e9crans, et retroussons-nous les manches.<\/p>\n<p><em>[1] Le parti grec se pr\u00e9tendant \u201canticapitaliste\u201d (lol) et se pr\u00e9sentant aux \u00e9lections grecques \u00e9tait Antarsya\u2026 et n\u2019a fait que 1%.<\/em><br \/>\n<em>[2] Visible par exemple sur youtube : http:\/\/youtu.be\/rpqk24qvoR4<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"breves\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Quelques nouvelles en bref<\/strong><\/p>\n<p>Bilfinger water technologies est une entreprise d&rsquo;Availles-en-Ch\u00e2tellerault, employant 160 salari\u00e9\u00b7e\u00b7s. D\u00e9but juin 2013, le patron satisfait des \u00ab\u00a0bonnes comp\u00e9tences\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0bon relationnel\u00a0\u00bb de Christophe, salari\u00e9 qui trime l\u00e0 depuis un an, lui promet de le passer en CDI. Christophe f\u00eate la bonne nouvelle en faisant un pot avec ses coll\u00e8gues. Or trois semaines apr\u00e8s, le patron refuse la revalorisation des salaires demand\u00e9e par les syndicats dans le cadre des NAO (n\u00e9gociations annuelles obligatoires). Un mouvement de gr\u00e8ve \u00e9clate. Le patron convoque Christophe et lui fait comprendre que l&#8217;embauche est une sorte de mariage qui suppose que le salari\u00e9 se sente bien dans l&rsquo;entreprise. Or Christophe fait gr\u00e8ve, et a sign\u00e9 une p\u00e9tition soutenant le mouvement social. Le patron lui annonce tranquillement qu&rsquo;il ne sera pas embauch\u00e9. Christophe, choqu\u00e9 mais soutenu par les syndicats, porte l&rsquo;affaire en justice, d\u00e9non\u00e7ant une discrimination syndicale (d\u00e9lit patronal passible de taule et d&rsquo;amende). L&rsquo;affaire passe fin janvier 2014 au tribunal. Le boss n&rsquo;est pas pr\u00e9sent, trop occup\u00e9 para\u00eet-il. Son avocate affirme qu&rsquo;il assume totalement les faits mais ajoute que le droit de gr\u00e8ve, \u00e9tant ouvert \u00e0 tou\u00b7te\u00b7s (y compris aux non-syndiqu\u00e9\u00b7e\u00b7s), ne rel\u00e8ve pas de l&rsquo;action proprement \u00ab\u00a0syndicale\u00a0\u00bb. Il ne s&rsquo;agirait donc pas d&rsquo;une \u00ab\u00a0discrimination syndicale\u00a0\u00bb. Le patron est relax\u00e9 par les juges. Avis aux salari\u00e9\u00b7e\u00b7s : le droit de gr\u00e8ve est bien accord\u00e9 \u00e0 tou\u00b7te\u00b7s&#8230; sauf aux CDD et int\u00e9rimaires.<\/p>\n<p>Un \u00ab\u00a0plan de comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 par la direction de Magneti- Marelli, une entreprise de Ch\u00e2tellerault. La CGT s&rsquo;y oppose, mais la CFDT et la CFE-CGC ont donn\u00e9 leur accord jeudi 29 janvier. Les salari\u00e9\u00b7e\u00b7s d\u00e9brayent le jour m\u00eame et le lendemain, pour protester contre l&rsquo;augmentation pr\u00e9vue du temps de travail et une r\u00e9mun\u00e9ration moindre \u00e0 l&rsquo;heure. La direction, b\u00e9n\u00e9ficiaire en 2014 et pr\u00e9voyant de le rester en 2015, ne c\u00e8de pas. Elle envisagerait m\u00eame un autre plan d&rsquo;ici 2018.<\/p>\n<p>Nouvelle augmentation du ch\u00f4mage dans la Vienne : +1,8% en novembre (+9,3% en un an). Ce sont les moins de 25 ans qui sont les plus touch\u00e9\u00b7e\u00b7s : +3,7% en un seul mois. \u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale, autres chiffres de l&rsquo;INSEE : 5 millions de ch\u00f4meur\u00b7euse\u00b7s (officiel\u00b7le\u00b7s), et 7 ou 8 millions de \u00ab\u00a0mal-employ\u00e9\u00b7e\u00b7s\u00a0\u00bb. Selon l&rsquo;Observatoire des in\u00e9galit\u00e9s, 9 % des enfants de moins de six ans vivent dans la pauvret\u00e9 en France en 2012. Selon la fondation Abb\u00e9 Pierre, 10 millions de personnes sont en situation de fragilit\u00e9 par rapport au logement, dont 3,5 millions de mal-log\u00e9\u00b7e\u00b7s. Parall\u00e8lement, les in\u00e9galit\u00e9s de richesses se creusent. En haut de la pyramide, les actionnaires fran\u00e7ais continuent de se verser des dividendes records (\u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire, selon Oxfam, les 85 milliardaires les plus riches d\u00e9tiennent l&rsquo;\u00e9quivalent de 50% des richesses mondiales). R\u00e9ponse du gouvernement \u00ab\u00a0socialiste\u00a0\u00bb \u00e0 cette situation de \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb : remise en cause des allocations CAF, flicage des ch\u00f4meur\u00b7euse\u00b7s dans les p\u00f4les Emploi, loi Macron en faveur des patrons&#8230; on ne change pas une formule qui marche.<\/p>\n<p><strong>Pour en finir avec le travail&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Le 28 janvier dernier, un homme de 59 ans, employ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usine Citergaz de Saint-Pierre d&rsquo;Exideuil (\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Civray, dans le Sud de la Vienne) est mort \u00e9cras\u00e9 entre les deux citernes de gaz qu&rsquo;il \u00e9tait en train de livrer. Dans la quasi indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale et le m\u00e9pris de classe r\u00e9serv\u00e9 aux ouvrier\u00b7e\u00b7s, il va rejoindre la longue liste des personnes mortes ou mutil\u00e9es par le travail, victimes anonymes de la barbarie capitaliste. Nous aimerions bien affirmer que tout \u00e7a se paiera bien un jour ou l&rsquo;autre, mais nous savons bien que rien ne pourra jamais compenser la peine caus\u00e9e par la perte d&rsquo;une personne proche. En attendant, nous n&rsquo;oublions pas, nous ne pardonnons pas. Guerre au capitalisme jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire&#8230;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9pression dans la r\u00e9pression<\/strong><\/p>\n<p>Deux personnes passeront en proc\u00e8s le 3 mars prochain \u00e0 Poitiers. Elles avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es lors d&rsquo;une manifestation le 30 octobre dernier en r\u00e9ponse au meurtre de R\u00e9mi Fraisse \u00e0 Sivens, tu\u00e9 par la grenade offensive d&rsquo;un gendarme mobile alors qu&rsquo;il manifestait contre le projet de barrage du Testet. Elles auront \u00e0 r\u00e9pondre d&rsquo;outrage, de violence, de r\u00e9sistance violente, de refus de pr\u00e9l\u00e8vement ADN.<\/p>\n<p><strong>Dans la collection \u00ab\u00a0Dracula fait de l&rsquo;humanitaire\u00a0\u00bb&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Nous vous annoncions dans notre pr\u00e9c\u00e9dent num\u00e9ro (<em>\u00ab\u00a0Quelques nouvelle en bref\u00a0\u00bb<\/em>) le verdict rendu le 11 d\u00e9cembre dernier contre trois militant\u00b7e\u00b7s de Poitiers. Nous pensions qu&rsquo;il s&rsquo;agissait l\u00e0 du dernier \u00e9pisode de la vendetta judiciaire lanc\u00e9e par les tauliers de l&rsquo;association Audacia. Il semblerait que ces derniers n&rsquo;aient pas eu leur dose de sang. Ils ont fait appel du verdict. Les trois militant\u00b7e\u00b7s passeront donc devant la cour d&rsquo;appel de Poitiers le 5 mars prochain.<\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"grog\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Les rimes de Grog<\/strong><\/p>\n<p><em>Alien-n\u00e9<\/em><\/p>\n<p>Mon existence est une fus\u00e9e<br \/>\nQui n\u2019a jamais pris son envol<br \/>\nComme une antique pi\u00e8ce de mus\u00e9e<br \/>\nElle reste \u00e0 s\u2019user sur ce sol<\/p>\n<p>J\u2019ai grandi sur ce coin de terre<br \/>\nMalgr\u00e9 le fait qu\u2019il m\u2019ait vu na\u00eetre<br \/>\nDans ma bouche flotte le go\u00fbt amer<br \/>\nD\u2019\u00eatre l\u2019esclave soumis au ma\u00eetre<\/p>\n<p>Nous venions d\u2019un tas de cailloux<br \/>\nC\u2019est ce que m\u2019ont dit mes parents<br \/>\nQui les premiers partirent l\u00e0 o\u00f9<br \/>\nVivre semblait moins \u00e9reintant<\/p>\n<p>On les parqua tels des moutons<br \/>\nDans de mis\u00e9rables ghettos<br \/>\nIls durent pour gagner leur cro\u00fbton<br \/>\nPiocher dans les mines de m\u00e9taux<\/p>\n<p>Cueillir le coton dans les champs<br \/>\nS\u2019user les mains, les bras, le dos<br \/>\nPour survivre tout en l\u00e9chant<br \/>\nDe tristes soupes coup\u00e9es d\u2019eau<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, qu\u2019en est-il\u00a0?<br \/>\nRien n\u2019a chang\u00e9 ou si peu<br \/>\n\u00c0 NOUS les tours hors de la ville<br \/>\n\u00c0 EUX les lotissements spacieux<\/p>\n<p>\u00c0 EUX les carri\u00e8res de seigneurs<br \/>\n\u00c0 NOUS les vains travaux serviles<br \/>\n\u00c0 EUX ce qu\u2019il y a de meilleur<br \/>\n\u00c0 NOUS ce qu\u2019il y a de plus vil<\/p>\n<p>Je me suis lev\u00e9 aux aurores<br \/>\nDans ma chambrette aux murs blafards<br \/>\nPour aller bosser au dehors<br \/>\nDans une usine de gyrophares<\/p>\n<p>Le fruit de l\u2019usure de mes mains<br \/>\nSert leur police et ses s\u00e9ides<br \/>\nJe veux quand m\u00eame croire aux lendemains<br \/>\nO\u00f9 plus jamais leurs andro\u00efdes<\/p>\n<p>N\u2019oseront me botter les fesses<br \/>\nJ\u2019esp\u00e8re quand m\u00eame avant mon terme<br \/>\nQu\u2019on ne me juge plus sur mon faci\u00e8s<br \/>\nOu la teinte de mon \u00e9piderme<\/p>\n<p>Leur langue m\u00eame n\u2019est qu\u2019hypocrisie<br \/>\nSur ma carte \u00ab\u00a0d\u2019identique \u00eatre\u00a0\u00bb<br \/>\nEn face de \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb, il y a \u00e9crit\u00a0:<br \/>\n\u00ab\u00a0Humano\u00efde extra-terrestre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La nuit abruti de fatigue<br \/>\nJe m\u2019endors lov\u00e9 pr\u00e8s du po\u00eale<br \/>\nEt je r\u00eave de danser la gigue<br \/>\nAu sein d\u2019une myriade d\u2019\u00e9toiles\u2026<\/p>\n<p>\u2026Je me r\u00e9veille en un sursaut<br \/>\nTout luisant de transpiration<br \/>\nAu son de l\u2019envol d\u2019un vaisseau<br \/>\nC\u2019est l\u2019heure de gagner ma ration<\/p>\n<p>Tremblant je regarde mes membres<br \/>\nEt mon reflet devant la glace<br \/>\nJe suis humain sur mes deux jambes<br \/>\nPas une cr\u00e9ature d\u2019outre-espace\u00a0!<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un de ces mauvais r\u00eaves<br \/>\nQui hantent mes nuits et les d\u00e9traquent<br \/>\nJe suis issu de l\u2019humaine s\u00e8ve<br \/>\nHeureusement, mais insomniaque<\/p>\n<p>Il est cinq heures, la m\u00e9gapole<br \/>\nS\u2019\u00e9veille doucement de son sommeil<br \/>\nPuis le bruit des machines affole<br \/>\nLes vivants dans la teinte vermeille<br \/>\nDes deux soleils qui jettent leurs feux<br \/>\nSur la cro\u00fbte d\u2019Alpha du Centaure<br \/>\nLav\u00e9, fringu\u00e9, sorti du pieu<br \/>\nJe vais travailler \u00e0 l\u2019astroport<\/p>\n<p>Employ\u00e9 au tri des bagages<br \/>\nJ\u2019ai une bonne paye, un emploi s\u00fbr<br \/>\nOuvrier mod\u00e8le, \u00e0 la page<br \/>\nDans mon domaine j\u2019ai fi\u00e8re allure<\/p>\n<p>Et pourtant je sais malgr\u00e9 tout<br \/>\nQue je suis form\u00e9 sur le tas<br \/>\nJe pr\u00e9sente bien, c\u2019est mon atout<br \/>\nMais souvent \u00e7a ne suffit pas<\/p>\n<p>Et cette fois \u00e7a vient d\u2019un marmot<br \/>\nMe voyant d\u2019un air suspicieux<br \/>\nIl glisse \u00e0 sa m\u00e8re ces mots\u00a0:<br \/>\n\u00ab\u00a0M\u2019man, il est bizarre le monsieur\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il a m\u00eame pas de tentacules<br \/>\nIl a pas d\u2019cornes, et que deux pieds\u00a0\u00bb<br \/>\nBien qu\u2019humain, sous mon matricule<br \/>\nSur cette plan\u00e8te c\u2019est moi\u2026L\u2019alien -n\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><strong>Grog<\/strong><\/em><\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"greenwashing\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Du capitalisme, oui, mais bien vert&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><em>Dans l\u2019optique de la conf\u00e9rence sur le climat (COP 21) qui se tiendra \u00e0 Paris en d\u00e9cembre prochain, l\u2019ann\u00e9e 2015 a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e sous le signe des enjeux climatiques par Fran\u00e7ois Hollande. En Poitou-Charentes, la \u00ab\u00a0transition \u00e9nerg\u00e9tique\u00a0\u00bb est revendiqu\u00e9e depuis plusieurs ann\u00e9es, d\u2019abord par S\u00e9gol\u00e8ne Royal, puis reprise par son successeur Jean-Fran\u00e7ois Macaire. Pourtant, c\u2019est surtout la novlangue du \u00ab\u00a0durable\u00a0\u00bb qui a le vent en poupe. Retour sur le Salon de la croissance verte \u00e0 Poitiers, en novembre dernier.<\/em><\/p>\n<p>Devant le parc des expositions de Poitiers, des voitures \u00e9lectriques Mia en auto-partage de la R\u00e9gion Poitou-Charentes sont gar\u00e9es sur le parking. L\u2019entreprise, symbole du \u00ab\u00a0made in Poitou-Charentes\u00a0\u00bb, port\u00e9e par S\u00e9gol\u00e8ne Royal au cours de son mandat \u00e0 la t\u00eate de la R\u00e9gion, a, depuis, mis la cl\u00e9 sous la porte. Mais peu importe, l&rsquo;objectif est de montrer que le territoire bouillonne d&rsquo;id\u00e9es pour favoriser la transition \u00e9cologique. Vous \u00eates bien au Salon de la croissance verte, qui s\u2019est tenue cette ann\u00e9e au parc des expositions de Poitiers, d\u00e9but novembre dernier.<\/p>\n<p>Plac\u00e9 \u00ab\u00a0sous le haut patronage\u00a0\u00bb de S\u00e9gol\u00e8ne Royal, ministre de l\u2019\u00e9cologie, l\u2019\u00e9v\u00e9nement rassemble professionnels du b\u00e2timent, collectivit\u00e9s locales, Universit\u00e9\u2026 Un joli gratin institutionnel coupl\u00e9 \u00e0 des entreprises qui sentent surtout venir la manne financi\u00e8re d\u2019un joli concept.<\/p>\n<p>S\u2019il y a des termes qui ont le vent en poupe depuis quelques ann\u00e9es, ce sont bien la croissance verte et autres d\u00e9riv\u00e9s\u00a0: capitalisme vert, emplois verts, d\u00e9veloppement durable\u2026 Les professionnels du marketing veulent nous faire voir la vie en vert, profitons-en\u00a0!<\/p>\n<p>Mais c\u2019est quoi, au juste, la croissance verte\u00a0? Selon les \u00e9l\u00e9ments de langage fournis par la R\u00e9gion Poitou-Charentes, il s\u2019agit d\u2019utiliser \u00ab\u00a0la mutation \u00e9cologique [comme] un support et une chance pour cr\u00e9er de la richesse nouvelle en France, pour prendre le relais des activit\u00e9s plus traditionnelles qui sont en d\u00e9clin \u00bb. C\u2019est beau comme un Grenelle de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>L\u2019explosion des panneaux photovolta\u00efques est donn\u00e9e en exemple par les chantres de la croissance verte, qui entendent \u00ab\u00a0faire des produits nouveaux avec les PME locales, les ing\u00e9nieurs\u2026\u00a0\u00bb. On comprend vite que l\u2019int\u00e9r\u00eat, c\u2019est que c\u2019est rentable. Mets du vert sur ton enseigne coco, tu oublieras la crise. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9e, la cr\u00e9ation d\u2019emplois est sur toutes les l\u00e8vres. Sur le territoire, \u00ab\u00a03\u00a0650 actifs occup\u00e9s exercent un m\u00e9tier vert, directement issus de cette croissance verte\u00a0\u00bb, assure la R\u00e9gion.<\/p>\n<p>Pour les \u00e9lus, \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cologie ne doit pas \u00eatre punitive, mais incitative. Trouver les financements intelligents, modalit\u00e9s techniques. Nous voulons rendre \u00e9conomiquement viables toutes les innovations qui ont capacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper, prendre le concept et l\u2019industrialiser. C\u2019est \u00e7a le Salon de la croissance verte\u00a0\u00bb. Ou comment user jusqu\u2019\u00e0 la moelle un syst\u00e8me \u00e0 bout de souffle, en le peignant un peu pour coller avec l\u2019\u00e8re du temps. La recette est vieille, mais elle fonctionne toujours. Si l\u2019impact de la croissance verte sur la cr\u00e9ation d\u2019emplois est largement \u00e9voqu\u00e9, l\u2019aspect environnemental semble, lui, peu important.<\/p>\n<p>Pour les personnes les plus pr\u00e9caires, croissance verte ou pas, la question est autre. Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l&rsquo;Agence R\u00e9gionale d\u2019Evaluation environnement et Climat Poitou-Charentes (AREC) en 2012, 25 % des logements de Poitou-Charentes sont expos\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, repr\u00e9sentant 19 % de la population. Ce qui en fait l\u2019une des r\u00e9gions de France les plus touch\u00e9es par ce fl\u00e9au. Des centaines de milliers de personnes qui n\u2019arrivent pas \u00e0 r\u00e9gler leur facture d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ou qui vivent dans des logements insalubres, mal isol\u00e9s. Peu importe, on a la croissance verte.<\/p>\n<p>Quand on ne veut pas remettre en cause le capitalisme, on s\u2019acharne \u00e0 le rendre plus beau, plus juste. Et surtout, plus vert.<\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"vivonne\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Liste de revendications des prisonni\u00e8res de la Maison d\u2019Arr\u00eat des femmes du Centre P\u00e9nitentiaire de Poitiers-Vivonne<\/strong><\/p>\n<p><em>Localement, nous demandons :<\/em><\/p>\n<p>&#8211; Des conditions dignes \u00e0 la nursery : arr\u00eat des r\u00e9veils nocturnes, une cour avec de l\u2019herbe, des temps de socialisation pour la maman\u2026<br \/>\n&#8211; L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9cole pour toutes : fin des refus avec la fausse excuse de la mixit\u00e9<br \/>\n&#8211; La t\u00e9l\u00e9 \u00e0 8 euros par mois : alignement sur la loi, comme dans les prisons publiques (18 euros ici pour Eurest)<br \/>\n&#8211; La fin de l\u2019interdiction des apports aux parloirs (livres, disques, produits d\u2019hygi\u00e8ne\u2026) : on n\u2019est pas l\u00e0 pour enrichir les cantines priv\u00e9es<br \/>\n&#8211; L\u2019ouverture d\u2019une salle de convivialit\u00e9 : elle doit \u00eatre syst\u00e9matique quand la m\u00e9t\u00e9o est mauvaise car il n\u2019y a pas de pr\u00e9au dans la cour<br \/>\n&#8211; Plus d\u2019activit\u00e9s : actuellement, il n\u2019y a que \u00ab bricolages en papier \u00ab et \u00ab fitness \u00bb, 2h. par semaine<br \/>\n&#8211; L\u2019acc\u00e8s au terrain de foot : seuls les hommes y ont droit<br \/>\n&#8211; La gratuit\u00e9 du courrier interne : on doit timbrer les lettres pour le quartier hommes<\/p>\n<p>(Ces demandes sont toutes r\u00e9alisables dans l\u2019\u00e9tat actuel de la l\u00e9gislation)<\/p>\n<p><em>Comme ailleurs, nous voulons :<\/em><\/p>\n<p>&#8211; Des payes correctes, tant aux ateliers qu\u2019au service g\u00e9n\u00e9ral<br \/>\n&#8211; La suppression des QI (Quartiers d&rsquo;Isolement\u00a0; NdPN) et des r\u00e9gimes diff\u00e9renci\u00e9s au CD (Centre de D\u00e9tention\u00a0; NdPN)<br \/>\n&#8211; Les portes ouvertes en MA (Maison d&rsquo;Arr\u00eat\u00a0; NdPN) et\/ou le t\u00e9l\u00e9phone en cellule<br \/>\n&#8211; La mise en place syst\u00e9matique des am\u00e9nagements de peine sans d\u00e9lais et des transferts en CD d\u00e8s la condamnation<br \/>\n&#8211; La facilitation du t\u00e9l\u00e9phone, des parloirs et des UVF (Unit\u00e9s de Vie Familiale\u00a0; NdPN) avec nos proches, enferm\u00e9s ou non<br \/>\n&#8211; La fin des fouilles syst\u00e9matiques et\/ou punitives<br \/>\n&#8211; Les repas app\u00e9tissants : marre de manger du plastique\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><strong>D\u00e9cembre 2014<\/strong><\/em><\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_self\" name=\"agenda\"><\/a>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><strong>Agenda poitevin<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Le premier mercredi de chaque mois, \u00e0 18:00, rassemblement de soutien aux sans-papiers, devant le palais d&rsquo;injustice, place Alphonse Lepetit \u00e0 Poitiers<\/p>\n<p>&#8211; Le premier mercredi de chaque mois, \u00e0 20:00, un d\u00e9bat dans le cadre du repaire L\u00e0-Bas Si J&rsquo;y Suis, au bar le plan B, 30-32 boulevard du Grand Cerf \u00e0 Poitiers<\/p>\n<p>&#8211; 3\/3\/2015\u00a0: proc\u00e8s des deux manifestants arr\u00eat\u00e9s le 30 octobre dernier, audience publique au Tribunal de Grande Instance, palais d&rsquo;injustice, place Alphonse Lepetit \u00e0 Poitiers<\/p>\n<p>&#8211; 5\/3\/2015\u00a0: proc\u00e8s des trois militant\u00b7e\u00b7s poitevin\u00b7e\u00b7s poursuivi\u00b7e\u00b7s par l&rsquo;association Audacia, audience publique \u00e0 la Cour d&rsquo;Appel, palais d&rsquo;injustice, place Alphonse Lepetit \u00e0 Poitiers<\/p>\n<p><a href=\"#sommaire\" target=\"_self\">Retour au sommaire<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PN3.cleaned.pdf &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;- Sommaire : Bas les pattes sur Jean-Fran\u00e7ois ! (page 1) Nouvelles attaques sur le droit du travail (page 1 &amp; 2) Un triste rassemblement contre la LGV Poitiers-Limoges (page 2 &amp; 3) Dr. Squatt vous raconte&#8230; Le Con &hellip; <a href=\"https:\/\/pn86.noblogs.org\/?page_id=13158\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2691,"featured_media":0,"parent":12959,"menu_order":4,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-13158","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/13158","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2691"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13158"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/13158\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13162,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/13158\/revisions\/13162"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/12959"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/pn86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}